
Après deux heures de route, le bus stoppe sa course à Puerto Pyramides, son terminus. A ma descente de ce «tasse vertèbres», je retrouve l’atmosphère paisible de ce petit village de la Peninsula Valdes. C’était en novembre 2001, lors d’un trip avec Gérard Soury… Cinq ans déjà. Le temps passe vite. Je suis ici pour une quinzaine de jours, avec comme fil rouge les baleines, les Argentins et El Rey de la Ballena. Ce dernier est un monstre sacré de la Péninsule, un phénomène, un être adorable.
Avec le Golfe San Matias au nord et Nuevo au sud, cette partie de la Patagonie, reliée du continent par un isthme de 7 kilomètres, défie l’Océan Atlantique. Terre d’accueil d’une faune incroyablement riche, cette région est un paradis pour tous les naturalistes. Guanacos, nandous, manchots de Magellan, cormorans, lions de mer, éléphants de mer et baleines franches, ce lieu est la plus importante concentration faunique de toute l’Argentine… je m’en frotte les mains…
Avec le Golfe San Matias au nord et Nuevo au sud, cette partie de la Patagonie, reliée du continent par un isthme de 7 kilomètres, défie l’Océan Atlantique. Terre d’accueil d’une faune incroyablement riche, cette région est un paradis pour tous les naturalistes. Guanacos, nandous, manchots de Magellan, cormorans, lions de mer, éléphants de mer et baleines franches, ce lieu est la plus importante concentration faunique de toute l’Argentine… je m’en frotte les mains…
Patrimoine mondial de l’UNESCO, Valdes, accueille les baleines franches australes depuis le début des années 70. En 2006, c’est plus de mille individus qui visitent le Golfe, entre mai et décembre, av
ec un pic d’activité en Août. Cette région est le plus grand club de rencontres pour cette espèce et aussi la plus grande nurserie. Entre conception et mise bas, la boucle est bouclée… J’ai fait 14OOO kilomètres pour être le témoin de ces moments uniques. Mais, en parallèle de ces instants à vivre, je suis également venu en Argentine pour rencontrer le maître des lieux, le spécialiste des baleines franches, celui qui à tout changé à Puerto Piramides : Mariano, dit El Rey.
Incontournable de la première Bajada, vous ne pouvez pas le louper. Il passe la plupart de son temps sur un banc blanc, devant la boutique de Whale Watching dont il est le responsable. Un œil sur les touristes qui passent
devant son échoppe, gilets de sauvetage sous le bras et appareils de photos autour du cou, et un œil sur la baie et ses baleines, il observe, commente et se souvient. Casquette de marin vissé sur la tête et lunettes noires, Mariano observe le ballet incessant de mise à l’eau des bateaux par d’énorme tracteur, pour que les touristes puissent assouvir leur soif de rencontres. Quelle est cette folie qui s’empare de ce petit village de mai à novembre ?
C’est lui qui a commencé à offrir le service de Avistaje de Ballenas. Il est l’investigateur de ce cet engouement. Rare sont voyageurs de passage dans le Chubut qui ne viennent pas à Puerto Piramides. Mais il y a trente ans, personne ne pouvait imaginer cet essor. Dans les années 70, l’homme chasse encore la baleine mais le mouvement Flower Power et l’opinion publique auront raison de cette cruauté. Les baleines deviennent l’un des emblèmes de la protection animal. Un rêve pour chacun est en train de naître, celle de les voir en chair et en os… Le Whale watching voit le jour.
Le monde accourt à Valdes pour observer et étudier les baleines franches australes. Couste
au, Roger Payne ou plus proche de nous, Talassa, l’émission de France 3 seront du voyage. A chaque fois, le même rituel, les gens viennent, passent un moment et repartent. Mariano, lui, reste. Sa vie est à Puerto Piramides. Il connaît tout de cette péninsule, tout des baleines. Il est le roi. Un roi accessible, qui se laisse voir, et se charge de conter ses expériences de la mer, de la vie, pour que le monde se souvienne.
Aujourd’hui, El Rey est entré dans la légende. Notre rencontre est magique et émouvante. Je suis là, assis à ses côtés, impressionné par la stature du bonhomme avec une tonne de questions à lui poser. Lui, tranquille, me souhaite la bienvenue dans un français impeccable. Après un départ poussif, dû à ma timidité probablement, le débit de mes mots commence à s’accélérer, comme si j’avais lâché les vannes du moulin à paroles que je peux être… Les questions s’enchaînent à une vitesse folle… Mes yeux pétillent de bonheur. Mon coeur bat la chamade. Lors d’une énième interrogation, Mariano prend du temps pour me répondre. Est-ce la question qui le dérange ou cherche t-il ses mots en français pour bien les peser ? Je patiente. Trente secondes, une minute se passe. Rien. L’homme est muet. Je me tourne alors vers lui, pour lire la réponse sur son visage… El Rey s’est assoupi, comme par enchantement. Il est le roi, le roi des Baleines.
Je jette un œil sur les touristes qui passent devant la boutique, gilets de sauvetage sous le bras et appareil de photos autour du cou, en rêvant, en rêvant que je suis… moi !

ec un pic d’activité en Août. Cette région est le plus grand club de rencontres pour cette espèce et aussi la plus grande nurserie. Entre conception et mise bas, la boucle est bouclée… J’ai fait 14OOO kilomètres pour être le témoin de ces moments uniques. Mais, en parallèle de ces instants à vivre, je suis également venu en Argentine pour rencontrer le maître des lieux, le spécialiste des baleines franches, celui qui à tout changé à Puerto Piramides : Mariano, dit El Rey.Incontournable de la première Bajada, vous ne pouvez pas le louper. Il passe la plupart de son temps sur un banc blanc, devant la boutique de Whale Watching dont il est le responsable. Un œil sur les touristes qui passent
devant son échoppe, gilets de sauvetage sous le bras et appareils de photos autour du cou, et un œil sur la baie et ses baleines, il observe, commente et se souvient. Casquette de marin vissé sur la tête et lunettes noires, Mariano observe le ballet incessant de mise à l’eau des bateaux par d’énorme tracteur, pour que les touristes puissent assouvir leur soif de rencontres. Quelle est cette folie qui s’empare de ce petit village de mai à novembre ?C’est lui qui a commencé à offrir le service de Avistaje de Ballenas. Il est l’investigateur de ce cet engouement. Rare sont voyageurs de passage dans le Chubut qui ne viennent pas à Puerto Piramides. Mais il y a trente ans, personne ne pouvait imaginer cet essor. Dans les années 70, l’homme chasse encore la baleine mais le mouvement Flower Power et l’opinion publique auront raison de cette cruauté. Les baleines deviennent l’un des emblèmes de la protection animal. Un rêve pour chacun est en train de naître, celle de les voir en chair et en os… Le Whale watching voit le jour.
Le monde accourt à Valdes pour observer et étudier les baleines franches australes. Couste
au, Roger Payne ou plus proche de nous, Talassa, l’émission de France 3 seront du voyage. A chaque fois, le même rituel, les gens viennent, passent un moment et repartent. Mariano, lui, reste. Sa vie est à Puerto Piramides. Il connaît tout de cette péninsule, tout des baleines. Il est le roi. Un roi accessible, qui se laisse voir, et se charge de conter ses expériences de la mer, de la vie, pour que le monde se souvienne.Aujourd’hui, El Rey est entré dans la légende. Notre rencontre est magique et émouvante. Je suis là, assis à ses côtés, impressionné par la stature du bonhomme avec une tonne de questions à lui poser. Lui, tranquille, me souhaite la bienvenue dans un français impeccable. Après un départ poussif, dû à ma timidité probablement, le débit de mes mots commence à s’accélérer, comme si j’avais lâché les vannes du moulin à paroles que je peux être… Les questions s’enchaînent à une vitesse folle… Mes yeux pétillent de bonheur. Mon coeur bat la chamade. Lors d’une énième interrogation, Mariano prend du temps pour me répondre. Est-ce la question qui le dérange ou cherche t-il ses mots en français pour bien les peser ? Je patiente. Trente secondes, une minute se passe. Rien. L’homme est muet. Je me tourne alors vers lui, pour lire la réponse sur son visage… El Rey s’est assoupi, comme par enchantement. Il est le roi, le roi des Baleines.
Je jette un œil sur les touristes qui passent devant la boutique, gilets de sauvetage sous le bras et appareil de photos autour du cou, en rêvant, en rêvant que je suis… moi !
