Août 2006
Vendredi 04
En ce milieu d'été caniculaire en France, je reprends la route pour des jours plus tempérés au milieu de l'Atlantique. L'île de Pico aux Açores est ma terre d'accueil depuis 1997. Chaque année, je vis le même rituel pour un pélerinage de remise en forme. Un long voyage m'attend avant de jouir du bonheur des cétacés. Paris - Lisbonne, Lisbonne -Horta. Départ 7h40 depuis Orly, arrivée 12h15 heure locale.
A Horta, une chaleur humide me tombe sur les épaules, mais l'atmosphère envoutante qui règne sur ces îles me fait oublier la fatigue. Une bonne nuit de sommeil à Almagreira chez Maria, mon lieu de villégiature, et demain nous aviserons sur l'organisation du séjour.

Samedi 05
C'est avec grand plaisir que je retrouve Serge à Lajes Do Pico. Il est arrivé ici par hasard il y a plus de 15 ans et est tombé en amour d'une açorienne, des îles et des baleines. En décidant de s'établir aux Açores, il créé Espaço Talassa, base d'observation des cétacés, ayant pour but de sensibiliser les personnes sur les beautés de la nature maritime.
Il fait partie du club très select de ceux qui m'ont donné envie de vivre ma passion. Nous organisons ensemble les 15 jours de mon séjour baleinier. Dès ce samedi, la mer me reçoit et les cétacés m'offrent une mise en bouche qui laisse présager un séjour fabuleux.
Un groupe de 3 cachalots fait route sud Pico en direction de Terceira. Ils tracent leur chemin
sans plongées profondes donc sans fluke à imprimer dans mon boitier numérique. Qu'importe, le plaisir d´être à leurs côtés suffit à mon bonheur. En laissant nos compagnons suivrent leur cap, nous rencontrons un pod d'une trentaine de roaz, en portugais dans le texte, grand dauphin en français, ou Tursiop truncatus pour les plus initiés. Calmes avec des petits, sous un beau soleil et un océan flat, c'est une bonne initiation au milieu baleinier pour Vinciane qui m'accompagne.
Il fait partie du club très select de ceux qui m'ont donné envie de vivre ma passion. Nous organisons ensemble les 15 jours de mon séjour baleinier. Dès ce samedi, la mer me reçoit et les cétacés m'offrent une mise en bouche qui laisse présager un séjour fabuleux.
Un groupe de 3 cachalots fait route sud Pico en direction de Terceira. Ils tracent leur chemin
sans plongées profondes donc sans fluke à imprimer dans mon boitier numérique. Qu'importe, le plaisir d´être à leurs côtés suffit à mon bonheur. En laissant nos compagnons suivrent leur cap, nous rencontrons un pod d'une trentaine de roaz, en portugais dans le texte, grand dauphin en français, ou Tursiop truncatus pour les plus initiés. Calmes avec des petits, sous un beau soleil et un océan flat, c'est une bonne initiation au milieu baleinier pour Vinciane qui m'accompagne.Dimanche 06
Les Açores offrent une diversité d'espèces comme nulle part ailleurs. Le corps scientifique a recensé 25 cétacés dans l'archipel. L'équipe d'Espaço Talassa,
étalant sa saison d'observations d'avril à octobre, en identifie une vingtaine chaque année.
étalant sa saison d'observations d'avril à octobre, en identifie une vingtaine chaque année.Cet après-midi, 4 espèces seront observées. A peine sortis de Lajes, un groupe de dauphins bleus et blancs fait sont apparition pour le bonheur de tous. Pour les avoir observés en Méditerranée, j'ai pu noter le comportement radicalement opposé de ces 2 populations. En effet, ceux-ci sont plutôt calmes et amicaux envers les bateaux croisant leur route en France, alors qu'aux Açores, ils sont très nerveux et furtifs, donnant un spectacle hors du commun lorsqu'ils quittent les lieux à l'approche d'une embarcation. Comme quoi, il ne faut jamais tirer de leçons définitives sur une observation.
Des dauphins communs puis des dauphins tachetés seront également dans la ligne de mire des photographes embarqués. Nous finirons la sortie, comme hier, avec des grands dauphins. 3 heures de sortie, 4 espèces rencontrées et des images plein la tête.
Lundi 07
"Hoje o tempo està mau"... Le vent s'est levé et l'océan s'est formé. Le travail des vigies est beaucoup plus difficile qu'à l'accoutumée pour repérer un signe de vie dans cet univers en mouvement. Je décide donc de rester à terre et de garder mon influx nerveux pour des jours meilleurs. Je profite de ce moment pour me replonger dans la culture locale en profitant du temps qui passe.
Mardi 08
Les jours se suivent… et se ressemblent. Le vent souffle toujours sur Lajes, venant d’Est à environ 15-18 noeuds, il cause beaucoup de problèmes aux vigies et skippers. Une nouvelle fois, je décide de rester à terre. De plus, les prévisions sont mauvaises pour les jours à venir. Les pêcheurs et anciens baleiniers estiment qu’il ne faut pas attendre d’amélioration avant vendredi, période du changement de lune... Alors, soyons patients, une vertue importante pour l’observateur de baleines.
Je consacre quand même ce temps à terre aux baleines, à travers 2 musées, celui des baleiniers à Lajes, et "Cachalotes e Lulas" à São João, le musée de Malcolm Clarke sur les baleines et calamars.
Je consacre quand même ce temps à terre aux baleines, à travers 2 musées, celui des baleiniers à Lajes, et "Cachalotes e Lulas" à São João, le musée de Malcolm Clarke sur les baleines et calamars.

Mercredi 09
Un orage d’une rare violence s’est abattu cette nuit à Almagreira. Pensant que celui-ci allait calmer les ardeurs du
vent, et bien, il n’en n’est rien... il souffle toujours aussi fort. Les pêcheurs ont raison…! Je commence à désespérer et trépigne d’impatience d’aller en mer. Je laisse de côté mon principe d’avoir le temps idéal pour faire des photos, et décide donc de braver les vagues à la recherche d'un contact visuel avec les cétacés. L’expérience me fait dire que lorsque un skipper embarque avec lui vestes et pantalons en toile cirée, la sortie s’annonce mouvementée et humide. Ce constat s’est avéré une nouvelle fois exact.
J’ai passé 3 heures à me faire brasser, taper, rincer, au rythme d'une vague toutes les 5 secondes, faites le compte…! Ah, ce n’est pas facile la vie de whale-watcher !
Nous serons récompensés par à un groupe de dauphins bleus et blancs qui nous ont assuré le spectacle dans les vagues. Merci à eux.
vent, et bien, il n’en n’est rien... il souffle toujours aussi fort. Les pêcheurs ont raison…! Je commence à désespérer et trépigne d’impatience d’aller en mer. Je laisse de côté mon principe d’avoir le temps idéal pour faire des photos, et décide donc de braver les vagues à la recherche d'un contact visuel avec les cétacés. L’expérience me fait dire que lorsque un skipper embarque avec lui vestes et pantalons en toile cirée, la sortie s’annonce mouvementée et humide. Ce constat s’est avéré une nouvelle fois exact.J’ai passé 3 heures à me faire brasser, taper, rincer, au rythme d'une vague toutes les 5 secondes, faites le compte…! Ah, ce n’est pas facile la vie de whale-watcher !
Nous serons récompensés par à un groupe de dauphins bleus et blancs qui nous ont assuré le spectacle dans les vagues. Merci à eux.
Jeudi 10
Certains attendent le bonheur ou la sérénité, moi, j’attends le changement de lune… Jamais je n
’aurais pu m’imaginer espérer la nouvelle avec autant d’impatience. Comme quoi, dès que l’on quitte Paris, les valeurs de la nature et des cycles de la vie prennent une toute autre importance. Une nouvelle journée à terre me tend les bras, mais demain est un autre jour, enfin, je l’espère…!
’aurais pu m’imaginer espérer la nouvelle avec autant d’impatience. Comme quoi, dès que l’on quitte Paris, les valeurs de la nature et des cycles de la vie prennent une toute autre importance. Une nouvelle journée à terre me tend les bras, mais demain est un autre jour, enfin, je l’espère…!Vendredi 11
Comme par enchantement, le vent s'est calmé cette nuit. Le Pico, volcan de l'île portant son nom, est complètement dégagé. C'est la première fois depuis mon arrivée. Les pêcheurs avaient raison, la nouvelle lune a calmé les ardeurs du pire ennemi de l'observateur de baleines.
Après 3 jours de mal de terre, je retrouve l'ivresse de l'océan et de ses plaisirs, pour une journée entière consacrée aux cétacés. Une journée rare. Alors, est-ce la frustration de ces 3 jours de disette ou l'était-elle vraiment, je ne sais pas, ce qui est sûr c'est que j'ai pris énormément de plaisir aujourd'hui.
Deux espèces nous ouvrent leurs portes et nous offrent l'hospitalité tout simplement. Nous partageons leur vie et quotidien à seulement quelques mètres. Les dauphins de Risso et les dauphins tachetés sont les acteurs de cette journée.
Sidonio, depuis la vigia da Queimada, repère le groupe de Grampus en face du petit village de Ribeira. C'est un
groupe calme d'une cinquantaine d'individus, y compris les petits, qui nous accueillent. Pas toujours très faciles d'approche, en ce vendredi, ils en ont décidé autrement. Passage sous le bateau depuis la droite, puis depuis la gauche, spy hopping, breatching. Bref, une série de comportements facétieux très agréables à observer.
groupe calme d'une cinquantaine d'individus, y compris les petits, qui nous accueillent. Pas toujours très faciles d'approche, en ce vendredi, ils en ont décidé autrement. Passage sous le bateau depuis la droite, puis depuis la gauche, spy hopping, breatching. Bref, une série de comportements facétieux très agréables à observer.Autre groupe, autres moeurs. Les dauphins tachetés. Nous les croisons au sud de Sao Mateus, alors qu'ils tracent leur route à pleine vitesse. Après 10 minutes de course effrennée, le pod stoppe sa ma
rche en avant, et un petit groupe d'une douzaine d'adultes se détachent des autres membres de l'équipe
rche en avant, et un petit groupe d'une douzaine d'adultes se détachent des autres membres de l'équipeL'océan bouillonne sous les agissement rapprochés de ces 12 animaux. Ce qui l'ont pouvait identifier comme un jeu en est en fait tout autre. C'est un accouplement que nous observons. Je suis gêné de regarder comme cela l'intimité de ces dauphins, mais j'avoue quand même avoir pris un malin plaisir de voir ce moment si particulier. No comment !
Samedi 12
Les nuages se reflétent sur le miroir bleu profond de l’océan. Les vigies ont repéré une nouvelle fois plusieurs groupes de dauphins. Après 1h30 de sortie, et l’observation de 3 espèces, toujours ces fameux tachetés et Risso, plus un groupe de communs, Joáo Quaresma, notre skipper et néanmoins ami, se retourne vers moi et me lance avec un large sourire : “j’ai quelque chose d’intéressant…!”
Cette phrase, dans un français impeccable, me fait augmenter ma fréquence cardiaque, et tout va alors très vite dans ma tête. Oui, mais c’est quoi ? Un cachalot ? Animal que nous n’avons plus observé depuis environ 8 jours. Une baleine à fanons ? Possible. Une baleine à bec ? Pourquoi pas. Bref, je veux savoir…
Cinq minutes de questionnement intensif suffiront à Joào pour qu’il me lache le morceau, trop content de m’annoncer que Sidonio a repéré un groupe de Pseudorques. Ni une ni deux, je change la carte mémoire de mon Canon afin d’avoir 1 Go à consacrer à ces animaux relativement rares à observer.
Noirs, pour un poids d’environ 2 tonnes et d’une taille de 5 à 6 mètres, ils font route vers l’est d’une nage lente mais imposante.
Toujours à distance du bateau, ils savent nous rappeler leur code de conduite pour les observer. Lorsque nous transgressons celui-ci, ils nous remettent en place rapidement en frappant la surface de l’eau avec leur caudale ou carrément, en sortant entièrement de l’eau, pour montrer toute leur puissance. Respect…
A bord du pneumatique, règne un silence qui en dit long sur cette observation. Personne ne trouve les mots pour traduire le bonheur et l’émotion que nous éprouvons à cette rencontre.
Une nouvelle sortie s’achève, avec de nouvelles sensations et toujours beaucoup de plaisir en compagnie des cétacés.
Les nuages se reflétent sur le miroir bleu profond de l’océan. Les vigies ont repéré une nouvelle fois plusieurs groupes de dauphins. Après 1h30 de sortie, et l’observation de 3 espèces, toujours ces fameux tachetés et Risso, plus un groupe de communs, Joáo Quaresma, notre skipper et néanmoins ami, se retourne vers moi et me lance avec un large sourire : “j’ai quelque chose d’intéressant…!”
Cette phrase, dans un français impeccable, me fait augmenter ma fréquence cardiaque, et tout va alors très vite dans ma tête. Oui, mais c’est quoi ? Un cachalot ? Animal que nous n’avons plus observé depuis environ 8 jours. Une baleine à fanons ? Possible. Une baleine à bec ? Pourquoi pas. Bref, je veux savoir…
Cinq minutes de questionnement intensif suffiront à Joào pour qu’il me lache le morceau, trop content de m’annoncer que Sidonio a repéré un groupe de Pseudorques. Ni une ni deux, je change la carte mémoire de mon Canon afin d’avoir 1 Go à consacrer à ces animaux relativement rares à observer.
Noirs, pour un poids d’environ 2 tonnes et d’une taille de 5 à 6 mètres, ils font route vers l’est d’une nage lente mais imposante.
Toujours à distance du bateau, ils savent nous rappeler leur code de conduite pour les observer. Lorsque nous transgressons celui-ci, ils nous remettent en place rapidement en frappant la surface de l’eau avec leur caudale ou carrément, en sortant entièrement de l’eau, pour montrer toute leur puissance. Respect…A bord du pneumatique, règne un silence qui en dit long sur cette observation. Personne ne trouve les mots pour traduire le bonheur et l’émotion que nous éprouvons à cette rencontre.
Une nouvelle sortie s’achève, avec de nouvelles sensations et toujours beaucoup de plaisir en compagnie des cétacés.
Dimanche 13
Après deux journées en mer, le vent reprend le pouvoir à Lajes Do Pico avec l’appui de l’anticyclone qui fait des siennes. Cette osmose me pousse une nouvelle fois à rester à terre. Je profite de ce temps libre pour visiter l’ancienne usine baleinière de Sáo Roque, sur la côte nord de Pico, transformée en musée. Ce lieu chargé d’histoire nous plonge au coeur même des années de chasse où nombre de cachalots ont éte découpés et transformés pour que des hommes puissent vivre.
Après deux journées en mer, le vent reprend le pouvoir à Lajes Do Pico avec l’appui de l’anticyclone qui fait des siennes. Cette osmose me pousse une nouvelle fois à rester à terre. Je profite de ce temps libre pour visiter l’ancienne usine baleinière de Sáo Roque, sur la côte nord de Pico, transformée en musée. Ce lieu chargé d’histoire nous plonge au coeur même des années de chasse où nombre de cachalots ont éte découpés et transformés pour que des hommes puissent vivre.
Lundi 14
Maître Zéphir ne désarme pas et souffle toujours avec insistance. Je prends mon mal en patience en bouquinant et en prenant des forces pour des jours meilleurs. Je croise les doigts !
Maître Zéphir ne désarme pas et souffle toujours avec insistance. Je prends mon mal en patience en bouquinant et en prenant des forces pour des jours meilleurs. Je croise les doigts !
Mardi 15
Je viens de finir mon deuxième livre… En attendant mieux ! Pas d’amélioration à l’horizon. Un autre facteur a fait son apparition : la pluie.
Je viens de finir mon deuxième livre… En attendant mieux ! Pas d’amélioration à l’horizon. Un autre facteur a fait son apparition : la pluie.
Mercredi 16
Assis sur un rocher, face à l'océan, j'ai la tête dans les nuages, m'identifiant aux deux espèces de sternes que je suis en train d'immortaliser. Les Pierregarin et les Dougall m'emportent dans leurs univers, celui de la liberté. Je suis dans mon monde et le rêve est mon petit plaisir du jour.
Ah oui, le vent est toujours présent…!!!
Jeudi 17
Tel un Suricate, je suis en mouvement permanent et aux aguets. Je ne tiens plus, et vois l'échéance du retour se rapprocher à grande vitesse. L'ombre du cachalot plane toujours sur Lajes, son souffle me tient en haleine depuis 2 semaines mais aucune rencontre depuis mon arrivée.
Un groupe d'une dizaine d'animaux a été repéré ce matin au Nord de l'île de São Jorge… !
L'océan me tient toujours à l'écart.
Vendredi 18
A peine ai-je mis les pieds à la base que Quaresma me prend à part pour me dire que nous avons "du lourd" ce matin en mer…!!! Wahou…!!! En effet, le groupe présent hier à São Jorge se trouve ce matin dispersé au Sud de Lajes.
Nous commencerons cette journée par une partie de cache-cache avec les animaux, où bien sur, le cachalot sort toujours vainqueur. Chaque animal du pod , qui est étalé sur plusieurs « miles carrés », se joue de nous en disparaissant entre deux eaux, pour réapparaître quelques minutes plus tard n’importe où, sans aucune logique évidente. Après deux heures de récréation, la seule vision que nous ayons eue est un dos à une centaine de mètres de l'embarcation. C'est peu pour étancher ma soif !
Sidonio, du haut de la vigie Da Queimada signale à João qu’un des membres du groupe semble avoir des fourmis dans la caudale et s’en donne à cœur joie au Sud Est du Castelete. Sur un océan légèrement formé, nous fonçons pour rejoindre le lieu indiqué.
Sur place, une femelle connue de l’équipe d’Espaco Talassa, reconnaissable à la marque blanche sur son dos à la hauteur de sa première épine dorsale, nous accueille dans sa zone de tolérance. Après cinq minutes de présentation, l’animal commence à avoir la bougeotte et débute son show… La petite femelle commence par taper la surface de l’eau avec sa caudale durant de longues minutes. Le fracas est hallucinant et se f
ait entendre à plusieurs miles nautiques. L’eau jaillit de partout sous les coups de battoirs de l’animal. Après une brève accalmie, le cachalot plonge subrepticement. Nous nous regardons avec João, et nous annonçons en chœur d’une voie commune : « elle va breacher ! ». A peine avions-nous prononcé cette phrase que 20 tonnes de muscles se dressent à la verticale à seulement 80 mètres de la frêle embarcation que nous occupons. Les crépitements des appareils photos en disent long sur les cinq secondes exceptionnelles que l’on vient de vivre. Tout le monde est abasourdi par cette démonstration de force. Incroyable !
L’animal suite à ce coup d’éclat retrouve son calme et son souffle à notre proue, légèrement à droite. Les minutes passent au rythme d’une respiration toute les trente secondes, quand de nouveau elle décide de nous
offrir un autre moment agréable… Elle change de cap et se dirige droit sur nous. A bord du pneumatique, nous sommes serein, mais conscient du danger qu’elle peut représenter. A cinq mètres du bateau, elle stoppe sa marche en avant et nous gratifie d’un très beau spy-hopping pour mieux nous observer, poursuit sa route d’une nage sur le côté, et rejoint les abysses en laissant apparaître sa caudale au-dessus des flots.
Le silence fait place à l’euphorie, et chacun se retrouve dans sa bulle pour se délecter de ce moment. Nous reprenons le cours de la vie là où nous l’avions arrêtée. Des Grands Dauphins nous accompagnent aux portes de Lajes pour couronner cette journée formidable. Les sourires à bord du pneumatique en disent long sur cette cure émotionnelle que nous venons de suivre. Les images gravées dans nos cœurs alimenterons nos longues soirées d’hivers à refaire le monde entres copains.
De retour à quai, fatigué, mais avec le sentiment du devoir accompli, João Quaresma me lâche avec un large sourire : «Cette journée, c’est pour toi ! Cadeau !».
J’étais venu pour rencontrer des cachalots et mon vœu a été exaucé. Merci.
Samedi 19
Je termine ma dixième saison à Pico et le départ est toujours aussi difficile. Depuis 1997, date de ma première visite, l'archipel est devenu ma région d'adoption. C'est avec une petite eau salée aux coins des yeux, en hommage à l'Atlantique, que je quitte Lajes, l'équipe d'Espaco Talassa, les "Pescadores", Maria Ribeiro, et tous les habitants de ce petit village au milieu de nul part.
Mais l’année 2007 est en ligne de mire, et mon retour est programmé…
Un grand merci à Serge et João Quaresma mes amis de l’Atlantide, sans oublier Alexandra, Maria, Gonçalves, Hermann, Luis, Pedro et Tiago.
Quant aux baleines, je me battrais toujours pour défendre leur environnement, qui est également le nôtre, il ne faut pas l'oublier, et leur cause pour que les générations futures puissent jouir des émotions fortes qu'elles nous procurent.
Assis sur un rocher, face à l'océan, j'ai la tête dans les nuages, m'identifiant aux deux espèces de sternes que je suis en train d'immortaliser. Les Pierregarin et les Dougall m'emportent dans leurs univers, celui de la liberté. Je suis dans mon monde et le rêve est mon petit plaisir du jour.Ah oui, le vent est toujours présent…!!!
Jeudi 17
Tel un Suricate, je suis en mouvement permanent et aux aguets. Je ne tiens plus, et vois l'échéance du retour se rapprocher à grande vitesse. L'ombre du cachalot plane toujours sur Lajes, son souffle me tient en haleine depuis 2 semaines mais aucune rencontre depuis mon arrivée.
Un groupe d'une dizaine d'animaux a été repéré ce matin au Nord de l'île de São Jorge… !
L'océan me tient toujours à l'écart.
Vendredi 18
A peine ai-je mis les pieds à la base que Quaresma me prend à part pour me dire que nous avons "du lourd" ce matin en mer…!!! Wahou…!!! En effet, le groupe présent hier à São Jorge se trouve ce matin dispersé au Sud de Lajes.
Nous commencerons cette journée par une partie de cache-cache avec les animaux, où bien sur, le cachalot sort toujours vainqueur. Chaque animal du pod , qui est étalé sur plusieurs « miles carrés », se joue de nous en disparaissant entre deux eaux, pour réapparaître quelques minutes plus tard n’importe où, sans aucune logique évidente. Après deux heures de récréation, la seule vision que nous ayons eue est un dos à une centaine de mètres de l'embarcation. C'est peu pour étancher ma soif !
Sidonio, du haut de la vigie Da Queimada signale à João qu’un des membres du groupe semble avoir des fourmis dans la caudale et s’en donne à cœur joie au Sud Est du Castelete. Sur un océan légèrement formé, nous fonçons pour rejoindre le lieu indiqué.
Sur place, une femelle connue de l’équipe d’Espaco Talassa, reconnaissable à la marque blanche sur son dos à la hauteur de sa première épine dorsale, nous accueille dans sa zone de tolérance. Après cinq minutes de présentation, l’animal commence à avoir la bougeotte et débute son show… La petite femelle commence par taper la surface de l’eau avec sa caudale durant de longues minutes. Le fracas est hallucinant et se f
ait entendre à plusieurs miles nautiques. L’eau jaillit de partout sous les coups de battoirs de l’animal. Après une brève accalmie, le cachalot plonge subrepticement. Nous nous regardons avec João, et nous annonçons en chœur d’une voie commune : « elle va breacher ! ». A peine avions-nous prononcé cette phrase que 20 tonnes de muscles se dressent à la verticale à seulement 80 mètres de la frêle embarcation que nous occupons. Les crépitements des appareils photos en disent long sur les cinq secondes exceptionnelles que l’on vient de vivre. Tout le monde est abasourdi par cette démonstration de force. Incroyable !L’animal suite à ce coup d’éclat retrouve son calme et son souffle à notre proue, légèrement à droite. Les minutes passent au rythme d’une respiration toute les trente secondes, quand de nouveau elle décide de nous
offrir un autre moment agréable… Elle change de cap et se dirige droit sur nous. A bord du pneumatique, nous sommes serein, mais conscient du danger qu’elle peut représenter. A cinq mètres du bateau, elle stoppe sa marche en avant et nous gratifie d’un très beau spy-hopping pour mieux nous observer, poursuit sa route d’une nage sur le côté, et rejoint les abysses en laissant apparaître sa caudale au-dessus des flots.Le silence fait place à l’euphorie, et chacun se retrouve dans sa bulle pour se délecter de ce moment. Nous reprenons le cours de la vie là où nous l’avions arrêtée. Des Grands Dauphins nous accompagnent aux portes de Lajes pour couronner cette journée formidable. Les sourires à bord du pneumatique en disent long sur cette cure émotionnelle que nous venons de suivre. Les images gravées dans nos cœurs alimenterons nos longues soirées d’hivers à refaire le monde entres copains.

De retour à quai, fatigué, mais avec le sentiment du devoir accompli, João Quaresma me lâche avec un large sourire : «Cette journée, c’est pour toi ! Cadeau !».
J’étais venu pour rencontrer des cachalots et mon vœu a été exaucé. Merci.
Samedi 19
Je termine ma dixième saison à Pico et le départ est toujours aussi difficile. Depuis 1997, date de ma première visite, l'archipel est devenu ma région d'adoption. C'est avec une petite eau salée aux coins des yeux, en hommage à l'Atlantique, que je quitte Lajes, l'équipe d'Espaco Talassa, les "Pescadores", Maria Ribeiro, et tous les habitants de ce petit village au milieu de nul part.
Mais l’année 2007 est en ligne de mire, et mon retour est programmé…
Un grand merci à Serge et João Quaresma mes amis de l’Atlantide, sans oublier Alexandra, Maria, Gonçalves, Hermann, Luis, Pedro et Tiago.
Quant aux baleines, je me battrais toujours pour défendre leur environnement, qui est également le nôtre, il ne faut pas l'oublier, et leur cause pour que les générations futures puissent jouir des émotions fortes qu'elles nous procurent.
www.espacotalassa.com
